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Si l'Assekrem dans le Hoggar à 90 kms
de Tam est l'endroit le plus prisé et le plus visité
cela est dû à deux aspects : la beauté
exceptionnelle du site avec ses couchers et levers du soleil
uniques au monde, parait -il et aussi à cause de l'histoire
de Charles de Foucauld dont le refuge qu'il avait construit
était devenu le lieu de pèlerinage et de recueillement
car ce site accueille deux segments de clientèle touristiques,
les adeptes d'aventures et ceux qui viennent dans le cadre
de voyages religieux de pèlerinage en passant par Beni
Abbes et El Golea (Saoura). Ville ouest il enterré.
Fêtes, vie facile, amours, rien ne prédestinait
Charles de Foucauld à cette vie monastique qu'il a
menée lorsqu'il a découvert l'Algérie
et surtout le peuple touareg. Loin de vouloir les évangéliser,
le père blanc a essayé de les comprendre, il
les a aimés et est devenu leur ami.
Assekrem, 1910. " La vue est plus belle qu'on ne peut
ni le dire, ni l'imaginer. Rien ne peut donner une idée
de la forêt de pics et d'aiguilles rocheuses qu'on a
à ses pieds, c'est une merveille, on ne peut la voir
sans penser à Dieu. J'ai peine à détacher
mes yeux de cette vue admirable, dont la beauté et
l'impression d'infini rapprochent tant du créateur
en même temps que sa solitude et son aspect sauvage
montrent combien on est seul avec lui et qu'on n'est qu'une
goutte d'eau dans la mer. " Près de cent ans plus
tard, les mots de Charles de Foucauld sonnent toujours aussi
juste.
L'Assekrem, ce plateau rocheux devenu image d'Epinal du Hoggar,
rendez-vous incontournable des touristes à l'heure
du coucher du soleil le plus beau du monde, dit-on, a d'abord
été le territoire des nomades touareg et de
ce père blanc français, venu ici pour s'éloigner
du monde et que l'histoire a rattrapé pour l'inscrire
dans ses pages.
Né le 15 Septembre 1858 à Strasbourg, rien ne
prédestinait Charles de Foucauld à un tel destin.
Orphelin à l'âge de 6 ans, il sera élevé
par son grand-père, le colonel de Morlet, dans une
famille croyante et pratiquante mais dira avoir perdu la foi
à l'âge de 15 ans. Le jeune homme entre ensuite
à l'école de Saint-Cyr, où il mène
une vie de distraction et d'amusement, puis à l'école
de cavalerie de Saumur, d'où il sort dernier. Fêtes,
grande vie, amour d'une femme lui valent plus tard d'être
renvoyé de l'armée après une première
expédition en Algérie.
Après avoir démissionné définitivement
de ses fonctions militaires en 1882, Foucauld entreprend un
voyage d'exploitation au Maroc, d'où il revient auréolé
gloire (il écrira un récit de voyage, Reconnaissance
au Maroc) et avec une nouvelle vocation qui se dessine peu
à peu. En 1885, il voyage à nouveau en Algérie,
Tiaret, Ghardaïa, El Golea puis rentre à Paris
et rencontre l'abbé Huvelin, qui lui révèle
la foi. Dès lors, après un projet de mariage
échoué, Foucauld n'aura de cesse que de vivre
sa religion dans les pas de Jésus de Nazareth, dans
le plus profond dénuement : en 1890, il devient trappiste,
en 1897, il ermite à Nazareth, en 1901, il est ordonné
prêtre. En 1902, ayant quitté la trappe, il retourne
en Algérie, à Beni Abbès, où il
construit la fraternité du Sacré - Cur.
Il émet ensuite le vu de voyager dans le sud
l'Algérie afin de vivre sa foi en terre touareg. Durant
son périple, il apprend le tamahaq et fait la connaissance
de Moussa Ag Amastane, Amenokal des Touareg du Hoggar, dont
il deviendra l'ami. Il décide alors de s'installer
dans l'oued Tamanrasset, où il passera onze ans.
Foucauld, le marabout blanc, entame alors la construction
d'une maison en pierre et en terre, premier bâtiment
en dur de la ville, de 6 m de long et 1,7 m de large, seule
possibilité accordée par la longueur des branches
servant de charpente. Dans sa frégate, surnom du bâtiment
en raison de sa proximité de l'oued, Foucauld accueille
les Touareg, écoute la poésie des femmes et
recueille la mémoire de tout un peuple. Ses longs voyages
dans la région, de campement en campement, lui permettent
de se familiariser avec la culture des Touareg et de développer
de solides liens d'amitié. En 1910, il découvre
le plateau de l'Assekrem, où vivent de nombreuses familles
nomades. Séduit par le lieu retiré du monde
et les paysages grandioses propices à la contemplation,
Foucauld édifie un ermitage de 4 m sur 8 m à
2 780 m d'altitude. Il y passera cinq mois, seul, étudiant
la culture du désert, s'adonnant à son goût
pour la météorologie et priant. De retour à
Tamanrasset, il poursuit la rédaction de son Dictionnaire
complet touareg-français, qu'il achève le 1er
janvier 1915 : 2 028 pages de mots écrits à
la main, de traductions, d'explications encore aujourd'hui
référentielles sur la culture touareg.
Le bordj, disposant d'un puits et d'un magasin afin d'accueillir
tous les habitants en cas d'attaque.
En juin 1916, il termine son recueil de poésies touareg.
Le 1er décembre, trompé par un faux message
qui lui serait destiné, le père de Foucauld
ouvre la petite porte étroite de son bordj. Il est
saisi, attaché, agenouillé. Dans la panique
générale, une fusillade éclate. L'impact
de la balle qui a tué " marabout chrétien
" est encore visible dans le mur, à droite de
l'entrée du fort.
LE PERE FOUCAULD N'ETAIT PAS LA POUR
CONVERTIR, MAIS POUR AIDER
" il n'était pas un missionnaire, il est venu
pour partager la vie des gens d'ici et pour vivre sa foi dans
un monde entièrement musulman, aujourd'hui nous sommes
là pour vivre comme lui ". Lorsqu'il est arrivé
à Tamanrasset en 1954, le père Antoine Chatelard
a découvert l'ermitage de l'Assekrem dans un piteux
état. Armés de courage, les pères blancs
de Foucauld l'ont reconstruit et ont ajouté de nouveaux
édifices en contrebas afin de redonner une âme
aux lieux. Actuellement trois pères vivent là-haut,
ravitaillés tous les 15 jours par le service de météorologie
qui a installé une station à l'Aseekrem et grâce
à un ingénieux système de récupération
des eaux de pluie. Chaque jour l'un d'entre eux se dédie
à l'accueil des touristes. A Tamanrasset vivent six
religieuses dans la règle de Foucauld en totale harmonie
avec leurs voisins musulmans. " Nous vivons avec simplicité
en essayant de gagner notre vie comme nous le pouvons, en
travaillant mais sans jamais prendre un emploi qui pourrait
être occupé par une personne d'ici, nous prions
beaucoup mais nous n'avons aucune mission, si nous pouvons
soigner, nous soignons, si nous pouvons aider nous aidons,
mais seulement par amitié, comme le voulait Foucauld
", explique sur Marie-Jo de la communauté
des petites surs du Sacré-Cur qui s'occupe
également d'ouvrir les portes de la Frégate
aux visiteurs. Le bordj a été transformé
en musée, à la mémoire du premier père
blanc du Hoggar. Et chaque année, touristes et pèlerins
se pressent dans les pas de Foucauld, l'homme simple, pieux,
qui était devenu l'ami des Touareg. Par conséquent,
nous conseillons le circuit classique " Le Hoggar insolite
en 06 jours/05 nuits est le plus vendu et le plus demandé
car il inclut l'Assekrem et le refuge du père de Foucauld.
L'O.N.A.T, T.V.A, V.S.F, C.A.A,
le proposent.
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