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Le désert, le Sahara, deux mots magiques,
envoûtants qui laissent l'imaginaire de l'individu construire
toutes sortes d'images féeriques, mystérieuses
et fantasmagoriques.
Quelqu'un avait dit 'c'est dans le désert que nous
apprenons le plus à être nous-mêmes et
à être en nous-mêmes. Et c'est dans le
désert que nous percevons le plus que c'est dans la
finitude de notre existence que nous pouvons ressentir l'infini
de la vie et du monde.
Nul espace et nul horizon, quand il s'agit de vagabonder sur
le continent des interrogations métaphysiques, ou même
philosophiques, ne permet autant que le désert d'aller
si loin en soi. Aller en soi, dans le désert, c'est
aller vers l'autre, le désert étant le terreau
de l'âme qui se parfait ".
Antoine de Saint exupery a évoqué le désert
dans ses ouvrages devenus des classiques " Terre des
hommes " et le " Petit prince " : " quand
je me réveillait je ne vis rien que le bassin du ciel
nocturne car j'étais allongé sur une crête
les bras en croix et face à ce vivier d'étoiles.
N'ayant pas encore compris quels étaient ces profondeurs,
je fus pris de vertige
...mais je ne tombais
point. De la nuque aux talons, je me découvrais noué
à la terre. J'éprouvais une sorte d'apaisement
à lui abandonner mon poids
..je sentais la terre
étayer mes reins, me soutenir, me soulever, me transporter
dans l'espace nocturne
. "
Assurément, le désert fait rêver, il fait
divaguer, il permet à l'imagination de se déployer,
de chavirer.
Quant à Théodore Monod (1900-2002), le plus
grand spécialiste du Sahara, nonagénaire il
parcourait encore les déserts du monde où il
y passe plus de soixante années de sa vie. Il déclarait
: " le désert en tant que tel est très
émouvant on ne peut rester insensible à la beauté
du désert. Le désert est beau et propre et ne
ment pas. Sa netteté est extraordinaire on est jamais
sale dans le désert
. "
Théodore Monod parcourant à dos de chameau,
des milliers de kilomètres à travers le Sahara
mêlant et démêlant passion et raison, passion
et amour, passion et patience. Il affirmait aussi " au
désert on ne décide pas, on obtempère
"
C'est tout ce panel de fantasmes et de magnificences qui incitent
beaucoup de touristes à y venir.
LA COMMERCIALISATION DU TOURISME SAHARIEN
Repères historiques :
Quelques années après l'indépendance
le Touring Club d'Algérie à Tamanrasset (Hoggar)
et à Djanet (Tassili) s'occupait, tant bien que mal,
à prendre en charge pour des expéditions les
quelques touristes étrangers adeptes d'aventures.
Par la suite la création de l'A.T.A (agence touristique
Algérienne étatique) en 1970, permis à
celle-ci de prendre le relais avec des moyens matériels
et un parc roulant de 4x4 important, dans ces deux régions.
L'A.T.A était dissoute en 1979 et remplacée
par ALTOUR (Algérie Tourisme) qui régnait sur
une soixantaine d'unités hôtelières au
nord et au sud, et sur un réseau d'une vingtaine d'agences
dont celles de Tamanrasset et de Djanet. En 1983, ALTOUR était
également dissoute et ses prérogatives étaient
attribuées à l'O.N.A.T qui allait désormais
partager la commercialisation de ces deux régions,
le Hoggar et le Tassili N'Ajjer avec des agences privées
dirigées par des autochtones dont la majorité
avait appris le métier avec l'A.T.A et ALTOUR. Ces
agences dynamiques, connaissant très bien leur région
réalisaient et réalisent de nos jours des prestations
d'un niveau professionnel affirmé et reconnu par les
tours operators européens. Nous ne citerons que les
plus remarquables : " Akar Akar " et sa figure emblématique
Mokhtar Zounga et " Mero Man " de Mohamed Rouani
pour le Hoggar, " Ténéré voyages
" du regretté Hadj Khirani auquel a succédé
son fils Ahmed pour le Tassili. Egalement méritent
d'être citées : Timbeur, Bois Pétrifié,
Horizons Sahariens, Visa, Inter Trek, Plein sud, CAA, Itinérances,
Tamrit.
En 1989, les plus performantes réalisaient chacune
un réceptif d'un millier de touristes soit en moyenne
100 groupes de 10 personnes, taille idéale pour une
expédition, jusqu'à 15 c'est limite, jusqu'à
20, c'est " la foule " !
Actuellement, avec l'O.N.A.T, les statistiques dégagent
10.000 touristes reçus en 2005 et 2006 par ces agences
de terroir.
Seulement, il faut souligner que selon les informations que
nous connaissons et émanant de l'ex A.T.A, de l'ex
ALTOUR et de l'O.N.A.T qui avaient eu pendant longtemps le
monopole, de facto, l'Algérie touristique n'a pas encore
reçu plus de 200.000 visiteurs étrangers dans
l'extrême sud, de 1970 à 2006, soit 36 années.
Les principaux tours operators européens, partenaires
de l'O.N.A.T et des agences de voyages privées étaient
et sont les suivantes :
France :
- Explorator, Déserts, Terre entière, Hommes
et Montagnes, Atalante, Point Afrique, ZigZag, Randonnées,
Allibert, Horizons Nomades, Nomades Aventures
les 4 premiers cités depuis une trentaine d'années.
Allemagne :
- Studiosus Reisen, Althena Reisen et Ikarus, El Dar, et Rotel
Tours
Ce dernier avait la particularité de réaliser
ses voyages dans des immenses bus hôtels (dortoirs)
dans lesquels les touristes passaient la nuit. Ce tour operator
se contentait d'acheter des repas. C'est ce qu'on appelle
le tourisme semi- intégré.
Le tourisme intégré , c'est la consommation
d'un package complet (hébergement, restauration, transport)
La tourisme non intégré, ce sont les touriste
étrangers qui viennent faire du camping caravaning
avec dans leur véhicule pleins de denrées et
de boissons. Ils ne dépensent rien, sauf par nécessité,
ils achètent du carburant, ils vous polluent les sites
et puis s'en vont sans aucun apport en devises pour le pays
visité.
Italie :
- Kel 12, Sevito Viaggi, Dan Viaggi, Gospel's, Ivet Milan
On notera que près de 80% des touristes sont en provenance
de France et quelques touristes Japonais viennent pour les
peintures rupestres du Tassili.
Quant au tourismte itinérant, c'est-à-dire le
tourisme en autocars à travers la " Boucle des
Oasis " (Alger- Chiffa -B.Saada-Lghouat- Ghardaïa-
Ouargla- Touggourt- El Oued- Biskra-B.Saada- Lakhdaria- Alger)
et " les jardins de la Saoura "
(Alger-Ghardaïa- El Goléa- Timimoun- Beni Abbes-
Taghit- Bechar- Ain Sefra- Laghouat-Ghardaia-Alger). Ce type
de tourisme Saharien (moyen sud) générait 85%
des recettes / ventes globales au profit de l'A.T.A, ALTOUR
et l'O.N.A.T de 1973 à 1990. Ces quinze dernières
années, rares ont été les groupes de
touristes étrangers, notamment par le biais de l'O.N.A.T
qui ont été aperçus dans les Oasis et
la Saoura. Peut être deux ou trois groupes. La vétusté
des hôtels et l'insécurité y sont pour
beaucoup. L'hôtel Kerdada 4* de B.Saada relevant de
l'hôtel El Djazaïr (St Georges), un joyau dans
le désert doit servir de modèle pour les autres
hôtels de la région dégradés pour
espérer une réelle relance.
Cette relance dans le moyen sud Algérien (les oasis
et la Saoura) serait concrétisée à condition
que les hôtels Lous et Souf à El Oued, Oasis
à Touggourt, Mehri à Ouargla, Djanoub à
Ghardaïa, El Bousten à El Goléa, Gourara
à Timimoun, Touat à Adrar, Rym à Beni
Abbés, l'hôtel Communal de Taghit, Antar à
Bechar, Mekhter à Ain Sefra, Marhaba Laghouat, soit
13 hôtels dont la mise à niveau est devenue une
nécessité et plus qu'impérative.
Mise à niveau des hôtels
Le ministre y veille personnellement et la
loi sera appliquée dans toute sa rigueur. L'ère
du laxisme et de l'impunité administrative n'a que
trop duré et elle est révolue. C'est la condition
sine qua non, le passage obligé par un lifting de qualité
pour que nous espérions revoir un jour la cohorte d'autocars
pleins de touristes européens sillonnant tantôt
l'erg oriental des oasis, tantôt l'erg occidental de
la Saoura. Jadis chaque autocar plein de touristes ramenait
la joie dans les villes du sud. Les hôteliers, les commerçants
étaient ravis. La population locale hospitalière,
également.
Naguère le tourisme itinérant (ou tourisme d'étapes)
était florissant dans les années 70/80, de 1973
à 1990. C'était notre fleuron. Il faudrait lui
redorer son blason, on avait réussi par le passé
on réussira dans l'avenir. Nous en sommes convaincus.
La nouvelle génération de techniciens piaffe
d'impatience afin de prendre le relais, celui de la luminescence.
Alors de grâce messieurs, à quelque niveau que
ce soit si vous aviez l'Algérie touristique au cur,
construisons ensemble la relance du secteur touristique, à
court terme, l'extrême sud (Hoggar et Tassili), et le
moyen sud (Oasis et Saoura), à moyen terme le tourisme
culturel qui doit reposer sur une hôtellerie urbaine
de qualité, là aussi la mise à niveau
doit être appliquée impérativement, à
long terme le tourisme balnéaire souffreteux et tendon
d'Achille de la destination Algérie. Notre côte
est magnifique, notre hôtellerie maritime, non.
L'intersectorialité : une adhésion
franche et convaincue
Notre pays meurtri dans sa chair et dans son
âme se reconstruit. Son tourisme aussi. Avec peine peut
être mais avec conviction surtout. Mais il faut le préciser,
le ministère du tourisme, seul ne pourrait pas réaliser
son ambitieux et porteur plan décennal à l'horizon
2015 malgré toute sa bonne volonté et toute
sa débauche d'énergie. La reconstruction d'un
produit national appelé communément " destination
Algérie " requiert l'adhésion franche,
effective et convaincue d'une dizaine de départements
ministériels. A défaut, de guerre lasse, ce
ministère comme dans " la légende des siècles
" de Victor Hugo, abdiquera moralement, tout au moins
" en déclarant " le combat cessa faute de
combattants ". Ce qui nous n'empêche pas à
rêver au retour de ces charters pleins de touristes
Allemands, Suédois, Finlandais, Britanniques, Français
et Hollandais qui atterrissaient sur le tarmac de l'aéroport
de Dar El Beida Alger entre 1973 et 1989.
Rêver pourquoi pas ? Il n'est pas interdit de rêver
d'autant plus que notre métier consiste à vendre
du rêve !
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